Entreprise de construction
Découvrez l'exemple d'une entreprise de construction sur un chantier de gros œuvre bâtiment
- Le chantier se trouve dans la zone de chaleur intense
- Les autorités ont pris la décision de limiter l’usage de l’eau à un certain nombre d’activités prioritaires (usages individuels, établissements hospitaliers, exploitations agricoles…) ; les chantiers de BTP ne font pas partie des activités autorisées à utiliser de l’eau
- Les autorités ont également pris la décision de fermer les crèches et les écoles primaires pour éviter les risques liés à la chaleur et à la déshydratation pour les jeunes enfants
Quels scénarios sont présentés ici ?
Scénario sans adaptation
L’entreprise SANZO n’a pas élaboré de plan d’adaptation. Elle se trouve prise au dépourvu par cette situation.
Un ouvrier a fait un malaise du fait de la chaleur et a dû être évacué vers l’hôpital le plus proche. Plus généralement, la productivité était très faible depuis plusieurs jours avec du personnel éreinté par les chaleurs extrêmes. Mais la décision des autorités de ne plus autoriser l’usage de l’eau jusqu’à nouvel ordre, hormis pour l’alimentation, a conduit le directeur des travaux à décider d’arrêter le chantier. En effet, sans eau, il n’est plus possible de poursuivre la fabrication du béton et le lavage des engins.
Le chantier va sûrement prendre beaucoup de retard. L’entreprise se trouve dans une situation financière critique et envisage de demander à l’administration une mise au chômage partiel de son personnel.
Scénario avec adaptation
L’entreprise RESILIENZ a anticipé les risques climatiques depuis plusieurs années et a construit une stratégie pour limiter au maximum les impacts sur son activité. Elle veille à ne pas accepter des CCAG (document juridique des marchés avec des seuils à atteindre pour prévoir délai/retard du chantier de travaux) qui prévoient des phases de gros œuvre en été, dans des zones où les risques de canicule sont élevés. Les collectivités (principaux donneurs d’ordre) sont sensibilisées et veille à ne pas imposer des travaux de gros œuvre en période estivale.
Elle a diversifié ses activités en développant des compétences dans l’utilisation des matériaux biosourcés alternatives au béton (fabrication bois et terre) dans les métiers du second œuvre. Cette diversification lui permet de disposer de revenus continus dans la période chaude.
L’entreprise a mis en place des accords d’entreprise pour pouvoir faire travailler son personnel en horaires décalés en cas de forte chaleur (5h-12h) et l’entreprise équipe ses salariés d’EPI rafraîchissants. L’entreprise a également prévu des dispositions sociales pour les parents qui doivent s’absenter pour gardes d’enfants (dans ce cas, des systèmes de rattrapage sont prévus).
Dès la phase de préparation de chantier, l’entreprise veille à obtenir les obtentions d’autorisations administratives nécessaires pour pouvoir ouvrir le chantier en horaires décalés, en cas de chaleur. En cas d’horaires décalés, le chef de chantier veille à organiser les travaux pour ne pas générer de bruit avant 8h.
Le personnel est sensibilisé aux gestes préventifs dans les périodes de forte chaleur (hydratation, temps limite de travail à l’extérieur, pauses régulières…). Le chef de chantier veille au respect des consignes de sécurité.
Source : ces scénarios sont issus d’un GT Adaptation porté par l’ABC/APCC en 2024-2025 et bénéficie d’un cofinancement ADEME.
Le scénario illustré... en bande dessinée !
Quelles notions sont abordées ici ?
Plusieurs aléas & aléas en cascade, vulnérabilités, et niveau d’exposition :
- Une vague de chaleur qui se prolonge peut se combiner à un épisode de sécheresse et déclencher, par arrêté préfectoral, des mesures de restriction de l’usage de l’eau qui touchent des activités jugées non prioritaires, comme les chantiers de gros œuvre (fabrication du béton, lavage des engins).
- Les salariés du BTP, exposés en extérieur, sont parmi les plus vulnérables aux fortes chaleurs : risques de déshydratation, de malaise, avec une baisse sensible de la productivité et de la sécurité sur les chantiers.
- Depuis le décret n°2025-482 du 27 mai 2025, entré en vigueur le 1er juillet 2025, l’employeur doit évaluer ce risque chaleur dans son document unique d’évaluation des risques (DUERP) et mettre en œuvre des mesures graduées selon les niveaux de vigilance Météo-France (jaune, orange, rouge) : eau potable fraîche, aménagement des horaires, zones de repos, voire arrêt du chantier en cas de vigilance rouge.
- L’adaptation passe par l’anticipation contractuelle (éviter de caler des phases de gros œuvre en été dans les zones à risque de canicule), la diversification vers des matériaux biosourcés moins consommateurs d’eau, l’aménagement des horaires et des conditions de travail.
Le parcours de compréhension
Recommandé par l'ABC et les AdACC
Un guide de l’adaptation
Nous vous recommandons la lecture d’une bande dessinée complémentaire pour vous familiariser avec ces notions et développer une culture commune : https://ateliers-adaptationclimat.fr/le-guide/
ℹ️ Les Ateliers de l’Adaptation au Changement Climatique (AdACC)
Les AdACC proposent un guide qui s’adresse aussi bien aux entreprises et aux collectivités qu’au grand public. Présenté sous la forme d’une bande dessinée, il cherche à construire une culture commune du risque et à créer un « réflexe adaptation » dans tous les territoires et toutes les activités.
Des exemples sectoriels d’entreprises illustrés.
Cliquez sur l’exemple de votre choix.
- 💊 Entreprise pharmaceutique
- ⛷️ Entreprise du secteur touristique (agence de vacances en montagne)
- 🏥 Groupe hospitalier
- 🎓 Université
- 🚚 Plateforme logistique (avec transport frigorifique)
- 🏗️ Entreprise de bâtiment
- 🏬 Centre commercial
- 🥫 Entreprise de l’agroalimentaire
- 🌾 Exploitation agricole
- ⚙️ Entreprise métallurgique (avec fonderie)
Entreprises : face aux aléas climatiques, êtes-vous exposées et vulnérables ?
Ce questionnaire de quelques minutes vous fournira une première vue d’ensemble de votre risque climatique.
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Mais est-ce que les notions d’aléas, vulnérabilités et expositions ont toujours des secrets pour vous ?
Comprendre les concepts clés
Aléa
L’aléa est un événement plus ou moins prévisible. Par exemple : une inondation, un séisme, un glissement de terrain, un incendie, une tempête. On décrit un aléa par sa nature, sa localisation, sa fréquence et son intensité.
Exposition
L’exposition aux aléas définit la typologie de ce qui est exposé (par exemple un bâtiment ou un habitant), et le volume concerné (une parcelle ou une région).
Vulnérabilité
La vulnérabilité correspond à la fragilité d’un enjeu (population, activité et/ou construction humaines) face à un aléa.
Risque
Le risque est le croisement entre l’aléa, l’exposition et la vulnérabilité. L’impact, est la conséquence de ce risque.
Adaptation
L’adaptation vise à réduire l’exposition et la vulnérabilité des personnes, infrastructures ou écosystèmes aux impacts du changement climatique.
Prolongez la lecture :
Le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique développe toutes les notions évoquées ici, notamment ;
L’OPPBTP, l’organisme de prévention du BTP, propose un guide de préconisations dédié aux fortes chaleurs et aux effets caniculaires sur les chantiers, avec des recommandations opérationnelles pour les entreprises.
Pour engager une démarche d’adaptation, l’ADEME propose un parcours dédié aux entreprises, avec à chaque étape les outils et ressources associés.
La FNTP propose également, avec le ministère du Travail, l’OPPBTP, la Cnam et l’INRS, un rétroplanning opérationnel de prévention des risques liés aux fortes chaleurs sur les chantiers, actualisé à la suite du décret du 27 mai 2025.
Le décret n°2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur précise les obligations de l’employeur, notamment sur les chantiers du bâtiment et des travaux publics