Exploitation Agricole
Découvrez l'exemple d'une exploitation agricole de plusieurs centaines d'hectares de maïs.
Quels scénarios sont présentés ici ?
Scénario sans adaptation
Depuis des décennies, l’exploitation s’est spécialisée dans la monoculture traditionnelle du maïs destinée à l’alimentation animale sur de grandes surfaces.
Avec la sécheresse en cours, la préfecture déclare le territoire en alerte crise sécheresse et met en place des restrictions d’usages de l’eau qui concerne l’agriculture et se traduit par des coupures temporaires puis totales de pompage pour l’irrigation du maïs.
Le maïs étant une culture gourmande en eau, principalement sous pivot (rampes) ou bien enrouleur (canon d’arrosage), l’exploitation ne peut plus irriguer la totalité de ses parcelles et perd cet été-là 60% de sa récolte.
Scénario avec adaptation
Actions mises en œuvre : Réduire la surface de maïs irriguée (sans descendre à 0) pour sécuriser un volume d’eau réaliste dans un climat qui se durcit, cela permet un niveau de production plus important à l’hectare mais sur une superficie moindre. Déploiement de solutions d’économie d’eau (pilotage des besoins par des sondes tensiométriques dans le sol). On conserve une irrigation par pivot ou enrouleur (le goutte à goutte en grandes cultures n’est pas une option crédible)
Plantation de haies pour maintenir le sol drainant et humide (recherche de micro-climat et limitation du dessèchement des sols par le vent)
Travail sur la fertilité des sols pour augmenter la capacité de rétention en eau du sol
Limitation du travail du sol pour réduire les pertes en eau par dessèchement
Des surfaces en maïs conduit en sec (cycle court, précoce), avec des semis très tôt afin d’équiper les vagues de chaleurs estivales
Introduire du sorgho grain sur une partie des surfaces précédemment en maïs (plus résistant à la sécheresse mais moins bien rémunéré)
Protection des sols avec des couverts végétaux
Diversification des espèces cultivées, notamment introduction de céréales d’hiver comme du blé tendre pour diversifier les risques climatiques (sensibles à certains aléas climatiques, mais à d’autres moment que pour le maïs grain)
Résultats : Par ses actions, l’exploitation a grandement réduit sa consommation et obtient une dérogation. Elle peut donc continuer d’arroser ses cultures et maintenir ses revenus.
Certaines récoltes sont tout de même impactées par la sécheresse mais la diversité des espèces cultivées permet de maintenir le CA. L’idée est effectivement de viser une plus grande régularité du chiffre d’affaires de la ferme par ces actions comparablement à une situation maïs pour laquelle la fluctuation inter annuelle du CA deviendrait trop périlleuse
Source : ces scénarios sont issus d’un GT Adaptation porté par l’ABC/APCC en 2024-2025 et bénéficie d’un cofinancement ADEME.
Le scénario illustré... en bande dessinée !
Quelles notions sont abordées ici ?
Plusieurs aléas & aléas en cascade, vulnérabilités, et niveau d’exposition :
- La sécheresse agricole (ou « sécheresse des sols ») : elle désigne un manque d’eau dans le sol suffisamment important pour freiner le développement des cultures et pénaliser les rendements. Elle se distingue de la sécheresse météorologique (déficit de pluie) et de la sécheresse hydrologique (baisse des débits et des nappes), même s’ils s’enchaînent souvent lors d’un même épisode.
- Cette sécheresse des sols s’aggrave avec la multiplication des vagues de chaleur, qui augmentent l’évapotranspiration des cultures et donc leurs besoins en eau, au moment même où la ressource se raréfie.
- Face à la tension sur la ressource, le préfet peut activer, département par département, des arrêtés sécheresse gradués (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) qui restreignent puis suspendent les prélèvements d’eau, y compris pour l’irrigation agricole.
- On observe ici un aléa en cascade : un été plus chaud augmente les besoins en eau des cultures au moment même où la sécheresse restreint la ressource disponible pour l’irrigation.
- La vulnérabilité de l’exploitation tient ici à sa spécialisation : une monoculture de maïs irrigué sur de grandes surfaces concentre le risque climatique sur une seule culture, très gourmande en eau et sensible aux pics de chaleur estivaux.
- L’adaptation agricole combine plusieurs leviers complémentaires : sobriété des usages de l’eau (pilotage de l’irrigation par sondes tensiométriques), agronomie (fertilité et couverture des sols, réduction du travail du sol, semis précoces) et diversification des cultures (sorgho, céréales d’hiver), pour répartir les risques climatiques.
Le parcours de compréhension
Recommandé par l'ABC et les AdACC
Un guide de l’adaptation
Nous vous recommandons la lecture d’une bande dessinée complémentaire pour vous familiariser avec ces notions et développer une culture commune : https://ateliers-adaptationclimat.fr/le-guide/
ℹ️ Les Ateliers de l’Adaptation au Changement Climatique (AdACC)
Les AdACC proposent un guide qui s’adresse aussi bien aux entreprises et aux collectivités qu’au grand public. Présenté sous la forme d’une bande dessinée, il cherche à construire une culture commune du risque et à créer un « réflexe adaptation » dans tous les territoires et toutes les activités.
Des exemples sectoriels d’entreprises illustrés.
Cliquez sur l’exemple de votre choix.
- 💊 Entreprise pharmaceutique
- ⛷️ Entreprise du secteur touristique (agence de vacances en montagne)
- 🏥 Groupe hospitalier
- 🎓 Université
- 🚚 Plateforme logistique (avec transport frigorifique)
- 🏗️ Entreprise de bâtiment
- 🏬 Centre commercial
- 🥫 Entreprise de l’agroalimentaire
- 🌾 Exploitation agricole
- ⚙️ Entreprise métallurgique (avec fonderie)
Entreprises : face aux aléas climatiques, êtes-vous exposées et vulnérables ?
Ce questionnaire de quelques minutes vous fournira une première vue d’ensemble de votre risque climatique.
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Mais est-ce que les notions d’aléas, vulnérabilités et expositions ont toujours des secrets pour vous ?
Comprendre les concepts clés
Aléa
L’aléa est un événement plus ou moins prévisible. Par exemple : une inondation, un séisme, un glissement de terrain, un incendie, une tempête. On décrit un aléa par sa nature, sa localisation, sa fréquence et son intensité.
Exposition
L’exposition aux aléas définit la typologie de ce qui est exposé (par exemple un bâtiment ou un habitant), et le volume concerné (une parcelle ou une région).
Vulnérabilité
La vulnérabilité correspond à la fragilité d’un enjeu (population, activité et/ou construction humaines) face à un aléa.
Risque
Le risque est le croisement entre l’aléa, l’exposition et la vulnérabilité. L’impact, est la conséquence de ce risque.
Adaptation
L’adaptation vise à réduire l’exposition et la vulnérabilité des personnes, infrastructures ou écosystèmes aux impacts du changement climatique.
Prolongez la lecture :
Le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique développe toutes les notions évoquées ici ;
- Sur l’agriculture,
- Sur les sécheresses,
- Sur l’eau, une ressource de plus en plus disputée.
Le niveau de restriction en vigueur sur une exploitation est consultable en temps réel sur la plateforme nationale VigiEau, qui centralise les arrêtés préfectoraux pris département par département.
Le PNACC3 consacre un axe entier à l’accompagnement du secteur agricole face aux aléas climatiques, notamment la mesure 37 « Accompagner les exploitations agricoles, les filières et l’industrie agro-alimentaire face aux aléas climatiques et engager la transition vers des modèles résilients et bas carbone »