Université
Découvrez l'exemple d'une université qui utilise plusieurs bâtiments, dont certains fortement vitrés, dans un environnement urbain très minéral.
Quels scénarios sont présentés ici ?
Scénario sans adaptation
Dans les salles de cours orientées au sud, les températures dépassent 50°C l’après-midi. Dans les bâtiments climatisés, les climatisations ne fonctionnent plus l’après-midi.
Les cours de l’après-midi doivent tous être annulés sur toute la période de vague de chaleur
Les examens, tombant pendant la vague de chaleur, sont décalés en urgence à une date inconnue, les capacités de raisonnement des étudiants et des enseignants se détériorant trop du fait de l’intense chaleur dans les salles – en fait, reportés à après la vague de chaleur, date qui n’est connue qu’une fois qu’elle se termine.
Les épreuves de rattrapage prévues en juillet doivent alors être annulées, car au moment où elle peut enfin les organiser, l’université (fermeture estivale), et son calendrier universitaire ne lui permet pas de les assurer en septembre.
Scénario avec adaptation
Actions mises en œuvre :
Isolation des bâtiments avec des matériaux adaptés à la chaleur.
Les cours commencent très tôt le matin, en journée continue, et se terminent avant 14h.
En cas de forte chaleur, les bâtiments sont surventilés la nuit pour évacuer la chaleur, complétée par des systèmes de rafraîchissement vertueux (geocooling, rafraîchissement adiabatique).
Des voiles sont tendus entre les toits des bâtiments pour protéger les sols du soleil direct.
L’université a engagé une démarche de végétalisation des espaces extérieurs dans des sols vivants et non imperméabilisés, s’appuyant sur des solutions fondées sur la nature.
Résultats :
Les cours peuvent être assurés pendant la vague de chaleur et les étudiants et enseignants utilisent les locaux de l’université comme refuge contre la chaleur.
Les examens peuvent se tenir en temps et en heure malgré la chaleur extérieure, la température dans les salles permettant toujours aux étudiants de conserver leurs capacités de raisonnement.
Les étudiants ayant insuffisamment réussi à leurs examens peuvent bénéficier d’épreuves de rattrapage en juillet.
Source : ces scénarios sont issus d’un GT Adaptation porté par l’ABC/APCC en 2024-2025 et bénéficie d’un cofinancement ADEME.
Le scénario illustré... en bande dessinée !
Quelles notions sont abordées ici ?
Plusieurs aléas & aléas en cascade, vulnérabilités, et niveau d’exposition :
- Vague de chaleur sur 3 semaines d’affilée, en période scolaire, avec des températures dépassant localement 40°C entre 9h et 23h, et 45°C entre 14h et 20h. Les écoles sont fermées pendant toute la période de vague de chaleur.
- Cela s’inscrit dans une tendance : 17 vagues de chaleur avant 2000 (sur une période de 50 ans, 1947-2000) contre 32 après (sur une période de 25 ans, 2000-2025)
- Le phénomène d’Îlot de chaleur urbain (ICU) également soulevé ici par la situation de l’université (dans un environnement urbain) désigne la différence de température de nuit entre une ville, plus chaude, et la campagne qui l’entoure, plus fraîche. Pourquoi fait-il plus chaud en ville qu’à la campagne ? La ville, trop artificialisée, est désavantagée face à la chaleur. On y trouve :
- Peu d’eau retenue par les sols, alors qu’en s’évaporant, elle contribue à rafraîchir l’air.
- Peu d’arbres offrant une ombre protectrice et un effet rafraîchissant (par évapotranspiration).
- Beaucoup de matériaux qui stockent la chaleur, comme le béton ou le goudron de couleur sombre de nos routes et de nos parkings.
- Une forte densité de bâtiments qui peut freiner la circulation de l’air (une place publique est généralement plus exposée aux vents rafraîchissants).
- Une forte activité humaine : par exemple, la climatisation, en même temps qu’elle refroidit l’air intérieur, réchauffe l’air extérieur. Attention, ces écarts entre le cœur de ville et le périurbain ont tendance à diminuer car avec la hausse des sécheresses, la végétation manque d’eau et ne peut plus jouer son rôle rafraîchissant.
Le parcours de compréhension
Recommandé par l'ABC et les AdACC
Un guide de l’adaptation
Nous vous recommandons la lecture d’une bande dessinée complémentaire pour vous familiariser avec ces notions et développer une culture commune : https://ateliers-adaptationclimat.fr/le-guide/
ℹ️ Les Ateliers de l’Adaptation au Changement Climatique (AdACC)
Les AdACC proposent un guide qui s’adresse aussi bien aux entreprises et aux collectivités qu’au grand public. Présenté sous la forme d’une bande dessinée, il cherche à construire une culture commune du risque et à créer un « réflexe adaptation » dans tous les territoires et toutes les activités.
Des exemples sectoriels d’entreprises illustrés.
Cliquez sur l’exemple de votre choix.
- 💊 Entreprise pharmaceutique
- ⛷️ Entreprise du secteur touristique (agence de vacances en montagne)
- 🏥 Groupe hospitalier
- 🎓 Université
- 🚚 Plateforme logistique (avec transport frigorifique)
- 🏗️ Entreprise de bâtiment (à venir)
- 🏬 Centre commercial (à venir)
- 🥫 Entreprise de l’agroalimentaire (à venir)
- 🌾 Exploitation agricole (à venir)
- ⚙️ Entreprise métallurgique (avec fonderie) (à venir)
Entreprises : face aux aléas climatiques, êtes-vous exposées et vulnérables ?
Ce questionnaire de quelques minutes vous fournira une première vue d’ensemble de votre risque climatique.
Mais est-ce que les notions d’aléas, vulnérabilités et expositions ont toujours des secrets pour vous ?
Comprendre les concepts clés
Aléa
L’aléa est un événement plus ou moins prévisible. Par exemple : une inondation, un séisme, un glissement de terrain, un incendie, une tempête. On décrit un aléa par sa nature, sa localisation, sa fréquence et son intensité.
Exposition
L’exposition aux aléas définit la typologie de ce qui est exposé (par exemple un bâtiment ou un habitant), et le volume concerné (une parcelle ou une région).
Vulnérabilité
La vulnérabilité correspond à la fragilité d’un enjeu (population, activité et/ou construction humaines) face à un aléa.
Risque
Le risque est le croisement entre l’aléa, l’exposition et la vulnérabilité. L’impact, est la conséquence de ce risque.
Adaptation
L’adaptation vise à réduire l’exposition et la vulnérabilité des personnes, infrastructures ou écosystèmes aux impacts du changement climatique.
Prolongez la lecture :
Le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique développe toutes les notions évoquées ici, notamment des canicules.
L’adaptation aux canicules passe également par une attention particulière aux populations les plus fragiles. À l’école, cela implique de former le personnel périscolaire et les enseignants aux bons gestes, d’adapter les activités et les horaires, et d’aménager les bâtiments et cours de récréation par la végétalisation, l’installation de préaux ombragés ou l’isolation des classes. À ce titre, le site Plus fraîche ma ville propose des ressources spécifiques pour accompagner l’aide à la décision en milieu scolaire.
On peut également citer l’exemple de Libourne qui a engagé une stratégie de renaturation des cours d’écoles depuis 2020. Objectifs : lutter contre les îlots de chaleur, remédier aux inondations et à la perte de la biodiversité.